Bâle III : BNP Paribas fait entendre sa voix sur le niveau de capital exigé

C’est à l’occasion de la présentation aux médias des résultats de son groupe que M. Prot, administrateur directeur général de BNP Paribas, a pris la parole et a affirmé ce qui suit :

« Les exigences de niveau de capital imposées par les futures règles dites de Bâle III au secteur bancaire sont fondamentalement injustifiées. Chez BNP Paribas, nous en sommes en tous les cas convaincus pour les établissements de grande taille».

La banque a communiqué cette semaine un bénéfice net en augmentation de 1,1% au second trimestre à 2,12 milliards d’euros, amputé d’une provision de 534 millions d’euros liée au fait qu’elle participe au plan de sauvetage grec ratifié il y a peu par les gouvernements de la zone Euro.

M.Prot de poursuivre :

« Ce que la crise des dettes a mis en lumière, c’est que la diversification d’un établissement comme le nôtre est un facteur qui a soutenu nos résultats, et ce, trimestre après trimestre ».

C’est dans deux ans, soit à partir de 2013, que les règles définies à l’automne passé par le Comité de Bâle devront être appliquées peu a peu par l’ensemble des grandes économies industrialisées et émergentes du G20.

Ces règles imposeront aux établissements bancaires de mettre en réserve des fonds propres provenant du capital social, d’éventuelles hausses de capital mais aussi de la mise en réserve des bénéfices accomplis, qui représente 7% de la somme des prêts qu’ils consentent à leur clientèle. Rappelons que jusqu’ici le taux était de 2%.

Concernant le niveau de fonds propres du groupe BNP Paribas, il se monte à 57,4 milliards d’euros, en progression de 900 millions d’euros au second semestre par rapport aux trois premiers mois de l’année. Le ratio de solvabilité, lui, se fixe à 9,6%.

M.Prot :

« La gestion de nos risques est très précise. Aussi, nous comprenons très mal que les établissements importants, tels que le nôtre, puissent être sur-pénalisés pour ce qui relève des fonds propres ».

Si le montant des fonds propres durs va être triplé, cela permettra aux groupes bancaires de pouvoir mieux encaisser les chocs et autres remous de taille. Mais aussi de gérer les pertes sans pour autant plonger le système financier dans le rouge. C’est en tous les cas ce qu’affirment les régulateurs.

Le patron de BNP Paribas a frappé du poing sur la table en évoquant ces exigences qu’il qualifie de « pénalisation ».

M. Prot pense en effet que ces exigences vont en fait clairement affecter le financement de l’économie, et ce, dans un temps où les clients ne sont pas du tout armés pour le supporter. « Chez BNP Paribas nous sommes légitimistes. Et si on nous impose une augmentation de notre capital, nous porterons notre niveau requis sans peine et sans non plus lever aucun fonds propre sur le marché » s’est réjoui le banquier avant de conclure ainsi :

« Cela dit, ce qui ne changera pas c’est que nous ne nous priverons pas d’exprimer nos avis, même si ceux-ci devaient déranger ».