Banques en ligne : il n’y a plus de client type

Si les banques en ligne connaissent un essor foudroyant, difficile en revanche de dresser le portrait robot de leur clientèle. Ce qui est sûr, c’est que chaque banque tente d’attirer à elle de nouveaux prospects par l’entremise d’offres, de services et de promotions toujours plus attractives et compétitives.

Une des seules études dont on dispose aujourd’hui pour tenter d’arriver à cerner les clients type de ces banques virtuelles est celle que Monabanq a commandé au Credoc. Certes, cette enquête n’a pris en compte que les avis de 255 personnes, ce qui fait tout de même peu, mais les questions posées étaient néanmoins tout à fait intéressantes.

C’est ainsi que l’enquête met en avant une « surreprésentation des catégories socioprofessionnelles supérieures ». En clair, plus on aurait de moyens et plus on serait tenté de confier ses fonds à une banque en ligne.

Notons tout de même que la plupart des établissements bancaires sélectionne leur clientèle par rapport à l’ouverture de compte, le montant de l’épargne ou encore la domiciliation des revenus.

Pour le Credoc en effet, les trois quarts des clients de Monabanq gagnent au moins 1830 euros mensuels, contre un peu plus de la moitié des français. Chiffre par ailleurs validé par la très bonne représentation des fameux CSP + qui constituent plus de la moitié (57%) des usagers de banques en ligne.

Les statistiques ont pour usage de classer dans cette catégorie les artisans, commerçants, patrons, métiers intermédiaires, les cadres et les professions intellectuelles supérieures qui, pour celles-ci, constituent véritablement le cœur de clientèle des banques virtuelles, soit 25% des comptes ouverts, l’ensemble de la population de notre pays ne comptant elle que 9% d’individus classés dans cette CSP-là.

S’ils ont donc plus d’argent que les autres, ces clients-là gèrent très bien leur portefeuille et sont très satisfaits de ne plus avoir d’agence physique, ce qui est réellement un argument de poids dans le fait de changer de banque.

Autre argument très important, les tarifs on ne peut plus compétitifs qu’affichent les banques en ligne. A cet égard, il suffit de se pencher sur toutes les offres qui sont proposées en ces temps de rentrée, offre pléthorique sûrement renforcée par le fait que les banques ne craignent pas de se copier entre elles : si l’une lance le produit x vous pouvez être sur que l’autre répliquera avec le produit y, peu ou prou le même d’ailleurs. Il en va ainsi des bonus de bienvenue, des cartes bancaires offertes…

Ce que pointe aussi l’étude du Credoc, c’est l’origine géographique des clients des banques en ligne. On s’aperçoit en effet que les régions où les banques virtuelles connaissent le plus de succès sont la région parisienne (Paris et agglomération représentent plus de 25% à eux seuls), l’Ouest et le Nord.

Par ailleurs, le client type est plutôt jeune (30% ont entre 25 et 34 ans) et masculin, à 62%. Voila sans soute pourquoi la concurrence, Fortuneo et autres, se lance dans une quête effrénée de cette cible jeune, née après 1980 précisément, depuis toujours informatisée et très consommatrice de nouvelles technologies. Cette cible-là veut tout et tout de suite, elle a une vraie addiction à l’information, et celle-ci doit être claire, rapide et très accessible. C’est donc pour ce panel-là que les banques n’ont de cesse de créer de nouveaux services entièrement dématérialisés tels que les chèques en ligne, les cartes et portes monnaie virtuels, les paiements par SMS ou Web avec un code perso…. Et puis, toujours pour conquérir cette cible si prisée, le Pack compte en ligne intègre bien sûr des réductions sur les marques, des bons plans, des accès VIP en masse…

Cela dit, dans ce monde ou tout évolue si vite, d’autres enquêtes que celle du Credoc montrent que la cible à absolument toucher ne serait plus forcément celle des jeunes technophiles urbains. Mais qu’il faudrait en revanche commencer à sérieusement se pencher sur les femmes, les seniors et tous les autres qui ont été déçus des banques traditionnelles et qui manifestent aujourd’hui l’envie d’ouvrir à leur tour des comptes en ligne.

Ainsi donc et comme toujours, la communication va devoir revoir sa copie pour s’adapter à ces mœurs, à ces us et coutumes pour le moins fluctuants…Bienvenue dans le 21ème siècle !