La mauvaise réputation de la banque au sein de la population

La perception des Français de leur banque est très dégradée et ce sentiment est commun à toutes les couches de population, même chez les foyers dont le patrimoine financier est supérieur à 75 000 euros et qui tiennent le secteur bancaire responsable de la crise économique actuelle.

L’institut TNS Sofres suit de près les relations avec leur banque des personnes dont le patrimoine financier excède les 75 000 euros. Les derniers résultats de l’enquête montrent que cette partie aisée de la population est toute aussi inquiète de la crise que l’ensemble des ménages français.

Les foyers aisés réduisent leur train de vie

Les 500 personnes interrogées en octobre sont 87% à penser que le pire est à venir alors qu’en mai dernier, ils étaient 55% à croire que la baisse de la bourse appartenait au passé. 44% pensaient que tout risque d’une nouvelle crise financière était écarté… Leurs vues ont manifestement manqué de longueur.

A présent qu’une autre réalité se déploie sous leurs yeux, ils sont 45% a estimé que le revenu de leur foyer diminuera dans les six prochains mois, et 55% que la valeur de leurs placements va reculer. 15% d’entre eux envisagent de limiter les achats importants et 22% pensent déjà à réduire les dépenses courantes.

Les banques responsables

Pour ces ménages aisés, les responsables de la crise, c’est-à-dire de l’endettement des États et initialement des ménages, sont essentiellement les traders (91%), les banques (88%) et les agences de notation (87%). Globalement le secteur bancaire récolte un avis mitigé à 50/50 (50% de bonne opinion contre 50% mauvaise), mais cet équilibre se détériore peu à peu. Aujourd’hui, 23% des foyers aisés ont une mauvaise image de leur propre banque.

Leur confiance pour sortir le pays de la crise va de préférence aux grandes entreprises (60%) et ils n’ont aucune illusion sur la performance de l’épargne, estimant à 68% qu’il n’existe plus aucun produit attractif. Comme la majeure partie des Français, ils donnent la priorité à des produits d’épargne simples et sûrs, comme les comptes et livrets d’épargne. Aussi, ils ne déclarent aucune défiance à l’égard des contrats d’assurance-vie malgré les freins de plus en plus nombreux qu’ils apposent en pratique à ce produit en arrêtant, par exemple, d’investir.

Un surprenant classement des foyers aisés

TNS Sofres va plus loin dans l’analyse de ses résultats et distingue trois profils parmi les foyers aisés, chacun qualifié d’un terme peu flatteur.

Les crispés correspondent, d’après l’institut, à ceux qui vivent très mal la situation actuelle, et se replient immédiatement sur les produits liquides et non risqués. Derrière cette catégorie, l’étude précise qu’elle rassemble les personnes les plus âgés, les plus pessimistes et les plus critiques vis-à-vis de leur banque.

Il est vrai que s’il s’agit vraiment de personnes plus âgées, elles ont vécu autre chose et l’évolution commerciale des métiers de la banque n’est pas sans éveiller en elles le doute sur les compétences de leurs interlocuteurs. Plutôt que de les qualifier de « crispés », osons dire qu’il s’agit de personnes plus réactives et prudentes. Au vu des données économiques actuelles, à l’avènement desquelles cette génération a d’ailleurs certainement contribué, leurs craintes ne sont pas infondées.

L’étude identifie deux autres catégories saluées pour leur acceptation des décrochages et leur opportunisme.

La catégorie des pragmatiques cible une tranche de population plus jeune et « plus joueuse ». Pour eux, la dépression « fait partie des règles du jeu ». Ils sont prêts à modifier leur stratégie d’investissement et recherchent de nouvelles pistes.

Et le dernier profil va aux confiants, « ils attendraient patiemment que l’orage passe »… On espère tous très fort qu’il ne s’agit pas des élites de la Nation !