Perte du triple A, l’UFC Que Choisir redoute l’abus des frais bancaires

Anticipant les conséquences de la perte du triple A pour le consommateur, UFC-Que Choisir annonce la mise en place d’un observatoire du Crédit et des frais bancaires. La confiance sur la probité des banques rayonne une nouvelle fois.

Une situation propice aux surfacturations

Conséquence directe de la dégradation de la note de la dette de la France, les banques vont, elles aussi, devoir se financer sur les marchés financiers à un taux plus élevé. Considérant de surcroît leur nouvelle obligation de renforcer leur fond propre, il est fort à parier qu’elles vont resserrer les conditions d’octroi du crédit, qui dorénavant sera plus cher et elles épongeront le manque à gagner par une hausse des frais bancaires. Au final, l’augmentation du coût du financement pour les banques va nécessairement peser sur les consommateurs.

L’association de consommateurs, UFC-Que Choisir, est donc à nouveau sur le pont afin d’éviter que les banques ne prennent prétexte de cette conjoncture pour élever abusivement le coût du crédit et la facture des frais bancaires.

Lundi 16 janvier, dans la foulée de l’annonce officielle de la perte du triple A, l’association de défense des consommateurs a fait savoir par communiqué qu’elle instaurait un observatoire du Crédit et des frais bancaires et réclame du ministère de l’Economie de veiller à ce que la  dégradation de la note souveraine française “ne se traduise pas par une surfacturation”. L’observatoire a pour mission de surveiller et dénoncer “l’évolution des taux du marché au vu du coût de l’argent pour les banques et plus globalement leurs pratiques tarifaires suite à la perte du triple A”.

La nouvelle difficulté des banques à se financer

La perte du triple A signifie une perte de confiance dans les capacités de remboursement de l’Etat et, dans le même temps, jette le doute sur les fonds des banques, en particulier ceux investis en dette souveraine. Cette conséquence n’a pas échappé à l’UFC-Que Choisir qui relève : “La baisse de la note française va automatiquement dégrader les banques françaises sur les deux éléments clefs de leur évaluation financière”, à savoir leur note de viabilité et la note de leur garant.

Si les banques elles-mêmes ne sont plus fiables, s’ouvre alors une « crise de défiance » entre les établissements qui habituellement se prêtent entre eux. Si ces circuits se referment ou se renchérissent, la crise va affecter les banques commerciales et se traduire par la hausse des taux d’emprunt et, in fine, la raréfaction du crédit.

Rien de bon non plus du côté des consommateurs puisque les établissements financiers seront amenés à renchérir les prêts à la consommation pour compenser leur propre surcoût d’emprunt et les banques à augmenter le montant des frais pour rééquilibrer les surcoûts du crédit immobilier.

Par conséquent, toute la difficulté sera de démasquer les abus et l’association de consommateurs les envisage déjà : “(…) au vu des récentes réformes qui ont touché le crédit à la consommation, il y a tout lieu de craindre que les établissements profitent de ce changement pour, au-delà de la seule répercussion liée à la perte du triple A, accroître encore davantage la hausse des taux d’intérêt”. Les financiers seraient-ils donc des voyous ?