Tarifs bancaires, les banques se font encore tirer l’oreille

Certes, les banques ont accompli de réels progrès pour ce qui est de la transparence. On observe en revanche qu’elles ont aussi et pour la plupart augmenté leurs tarifs dans les services de banque au quotidien. Voilà en substance ce que dit le premier rapport de l’Observatoire des tarifs bancaires qui vient d’être rendu.

Il y a un peu plus d’un an, Mme Lagarde, alors ministre de l’économie, rendait public un train de mesures visant à améliorer la transparence et le comparatif des tarifs bancaires hexagonaux.

Elle donnait alors au Comité consultatif du secteur financier (CCSF)  le pouvoir d’observer la courbe évolutive de ces tarifs. Et c’est à l’Autorité de contrôle prudentielle (ACP) que revenait la charge de vérifier que les banques respectaient bien leurs engagements quant à la transparence et à la modération tarifaire.

14 mois plus tard, les deux organes ont toutes les deux rendu une copie pour le moins contrastée.

Dans le rapport de l’Observatoire des tarifs bancaires du CCSF, on note que les banques ont bien joué le jeu certes, mais surtout sur la forme. L’ensemble d’entre elles a bien dressé un listing des dix services et tarifs standards. Début juillet, plus des trois quarts des 126 enseignes de crédit observés présentaient ce document en tête de leur dépliant tarifaire au format PDF.

Mais l’observation des 47 000 tarifs proposés par ces groupes bancaires (qui constituent 98,5% des comptes de particuliers dans l’hexagone) souligne une évolution des tarifs très nuancée selon les services.

Entre décembre 2009 et juillet de cette année, le rapport précise qu’ «autant de rubriques connaissent des baisses de tarifs que des hausses. Mais les hausses constatées sont dans leur quasi-totalité de l’ordre de 1 à 2 % soit un niveau inférieur à la hausse de l’indice des prix à la consommation au cours de la même période (+2,9 %) ».

Loin de ce qu’on pourrait croire, c’est dans les DOM que les tarifs des services bancaires ont baissé et sont maintenant moins élevés qu’en métropole.

A scruter davantage, on relève que les services des banques au quotidien ont enregistré des augmentations plus marquées.

L’Observatoire précise que plus d’une banque sur deux a ainsi haussé le montant de la cotisation annuelle de ses cartes bancaires. Chiffre encore plus édifiant dès lors qu’il s’agit de cartes à débit immédiat, les plus souscrites en France, (71%) ou encore des cartes à autorisation systématique visant les populations les plus en difficulté (67%).

Et si 8 établissements sur 10 ont gardé un coût unitaire identique de retrait à un DAB ne faisant pas partie de leur réseau (près d’un euro), certains ont en revanche choisi de baisser la limite à partir de laquelle ces retraits ne sont plus sans frais. Sur 126 établissements, 16 (24 il y a un an et demi) ne font nullement payer le retrait alors que presque tous vont facturer au delà de quatre. En clair, les plus pénalisés seront bien ceux qui se servent beaucoup des distributeurs automatiques.

Pour sa part, l’ACP rappelle combien les banques restent réticentes lorsqu’il s’agit de faciliter la mobilité des usagers car en effet et contrairement a leurs promesses,  moins d’un tiers d’entre elles s’occupe vraiment de toutes les formalités de transfert chez elles d’un compte actif au sein d’une autre enseigne.